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À propos de « L’enfant de la nuit » de Louna Tcherko – Edition Grain de Sable – 2007

À propos de « L’enfant de la nuit ».

Louna Tcherko – Edition Grain de Sable – 2007

 

SAM, le protagoniste de ce roman, n’est pas décrit physiquement, on le découvre peu à peu de l’intérieur, par sa manière de parler : dialogues et monologues, son amitié, ses émotions et sentiments, son désir de retour à ses racines. Le lecteur apprend au fil de la lecture qu’il est jeune (17 ans), kanak, qu’il a passé son enfance en tribu, et son adolescence dans un squat de la périphérie de Nouméa, et dans un centre, sorte de foyer pour jeunes en difficulté (voir centre de jeunesse de Nouville) où il se trouve quand commence l’histoire .

Le fait de ne pas décrire ses traits, ses vêtements, laisse au lecteur tout loisir pour l’imaginer, y mettre le physique d’un jeune homme connu ou d’y mettre le sien. (par exemple, l’illustration ne représente pas l’image que je m’étais faite de Sam, mais c’était celle de l’illustrateur…). Même s’il semble seul, il ne l’est pas vraiment car il est capable de faire confiance à un ami, et il est nourri par ce qu’il a reçu de son grand-père ; ce legs lui donne la force de faire face. Il passe un seuil de conscience en devenant responsable de son propre destin.

 

On le « voit » :

– au centre (en cours et à l’infirmerie)

– dans le squat et dans la ville avec sa bande

– dans sa tribu d’ enfance : * abandon par sa mère

* vie chez ses grands parents

– dans la montagne, seul, mais « relié » sur ce chemin initiatique.

 

Il passe du « statut » de victime, passive, solitaire,(bien qu’entouré), triste pour ne pas dire déprimée, à acteur de sa vie (artisan comme dit Jacques Roumain dans Les gouverneurs de la rosée : « L’homme est le boulanger de sa vie »), héritier d’une histoire familiale, clanique, porteur de valeurs, et avec un projet de vie.

 

Les temps des verbes : La narration va du présent (dans le centre où il est) au passé proche (dans le centre), puis au passé lointain(le squat), et très lointain (souvenirs de la petite enfance) et revient au présent.

Le jeu du temps, en boucle, suit le cours de l’évolution du personnage : triste et déprimé, se souvient et se reconstruit, et retrouve l’énergie qui va générer la réalisation de ses projets. Le présent a été transformé par l’expérience initiatique.

 

 

Les thèmes et questions soulevés :

  • L’abandon
  • Les mères adolescentes
  • La violence dans la famille et la société
  • La délinquance chez les adolescents
  • L’amitié et les rencontres
  • Les addictions (alcool, cannabis) et leurs conséquences
  • La perpétuation de la culture ancestrale
  • L’acculturation occidentale
  • Le frottement entre cultures/communautés au sein d’un même pays.
  • La nature

 

Pouvoir des mots :

  • d’accord/pas d’accord pages 8/9
  • Difficulté de s’exprimer, d’exprimer ce qui se passe en soi quand on n’a pas les mots – pages 26/27
  • Possibilité de s’exprimer et d’exprimer – pages 50 à 52
  • L’écrit = dépositaire de la mémoire, transmissible – pages 54/55 – page 79

Le cahier va devenir l’élément de fusion entre la culture kanak et la culture occidentale.

 

Pouvoir des signes :

  • Langage de la nature : pages 55/56 page 71
  • Langage des rêves : page 74
  • Langage des animaux : page 84/85

 

Problèmes sociaux :

  • Diplôme : page 9
  • Mines : pages 10 – 25
  • Mal être : page 15
  • Violence : pages 10 – 20
  • Consommation de substances : pages 17/18 – 20 – 23 à 26
  • La nécessité d’avoir une morale : pages 23 – 25 – 37 – 46
  • La « jeunesse » (comme disent les médias) qui, souvent, fait peur.

 

Eléments de culture kanak : façon de planter, de se soigner, de faire alliance avec la nature, de savoir lire les signes, de respecter…

 

 Eléments de la nature : la terre, la montagne, les fruits, l’eau qui fait le lien avec son passé : pages 39- 71 – 78 – 89 à 92 – voir : 117 à 119.

 

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* Sam vous ressemble-t-il ? Quels autres personnages de films ou de romans lui ressemblent ?

* Faire une enquête auprès des personnes âgées de votre entourage (ou en cherchant dans le Mémorial calédonien, les chroniques kanak ou l’ouvrage d’Eliane Métais) pour « remplir » le cahier du grand-père (voir « Paroles de vieux » sur Calédonie 1ère diffusé le soir à 19H27.)

* Ecouter Abd El Malik slammer « Les autres »èse déresponsabiliser, rôle des parents.

* Les jeunes : porteurs d’espoir ? ou « no future » ?

* Le personnage principal peut-il être transposé en jeune fille ?

* Découper des articles ou faits divers se rapportant aux thèmes du livre.

* S’informer sur les émotions : qu’est-ce que je ressens ? Savoir nommer ce que l’on ressent aide à vivre les émotions fortes, à commencer à les comprendre. Comment je réussis à vivre avec des émotions, des sentiments violents qui entrainent des conséquences dont je n’ai pas le contrôle ? (voir Jacques Salomé, Boris Cyrulnik, Isabelle Filliozat, etc.)

* Rôle des campagnes publicitaires par voie d’affiches, de clips à la télévision, etc. pour mettre en garde contre les dangers de l’alcool, ou autre substance.

* etc.