Août01

Tags

Related Posts

Share This

Variations sur 6 mots: belle, rat, taro, cordyline, grotte, grogner

L’émouchet, André MARTIN Ouvrir la photoAperçu de l’image

Je me dirige vers le troupeau rassemblé au milieu de la savane. Je chevauche mon bel alezan bai dans le matin encore brumeux. Tout à coup, dans la petite clairière, bordée de niaoulis en fleurs odorantes, un rat traverse juste devant mon cheval, qui fait un écart. Du haut d’un arbre de la forêt sèche, un émouchet encore juvénile s’abat sur le petit animal effrayé et l’enserre avec ses serres aiguisées pour l’emmener sur un gros tronc de niaouli mort, blanchi par des lambeaux de peaux retombantes.

Au loin, un animal grogne dans la savane.

Près du ruisseau les taros poussent avec des cordylines colorées.

L’émouchet s’arc-boute sur sa proie. Il déchire le corps de l’animal et dégage tous les viscères qui risquent de l’empoisonner. Comme lui ont appris ses parents, il se méfie des raticides que le nuisible aurait pu ingurgiter.

Il avale goulûment quelques morceaux de chair sanguinolente, puis il s’envole vers la grotte où il pourra partager le reste de pitance avec ses frères.

 

Discret, Marlène ALLARD Ouvrir la photo

En octobre, le clan avait construit un talus de pierres pour retenir l’eau. C’est au pied de ce mur de parpaings que le rongeur décida de s’installer. Autour des taros la terre était meuble. Il creusa.

Ainsi, le jour il était à l’abri des dangers dans sa grotte souterraine.

La nuit il sortait. Mais, il attendait vingt et une heure. Moment où le chat avait mangé et commencé à ronronner les yeux clos près du feu.

Alors, Il traversait le champ, grognait deux fois et sa belle apparaissait. Ils restaient ainsi enlacés jusqu’à l’aube cachés derrière une haie de coléus et de cordylines.

Voyez-vous les rats sont discrets !

 

Le grand nord, Maryse KIBANGUI Ouvrir la photo

C’est une région que l’on appelle « le grand nord » ; l’écume des vagues s’arrête au pied d’un grotte où se raconte une belle légende. Des rats échappés d’un navire y trouvèrent refuge. Des hommes les poursuivaient pour les massacrer car ils craignaient de les voir détruire leur champ de taro. Poï, la gardienne du lieu les entendit grogner de terreur. Elle fut émue de leur désespoir. Elle entama un long chant mélodieux, attirant les muridés. Elle toucha la roche du bout des doigts et un rideau épais de cordylines condamna l’entrée du passage. Depuis ce temps-là, l’endroit est devenu un lieu « tabou ».