Juil08

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SOUVENIR D’ENFANCE

Pêche à la gaule.

Ce matin-là, je cherchais à appâter quelques belles carpes avec ma gaule en bambou que je venais de couper dans la touffe juste à côté. Le bâton était assez long et droit pour permettre un meilleur camouflage. Mon fil de pêche pendait jusqu’à l’hameçon. Ma gaule était prête.

Sur la rive, dans le sol meuble de la berge j’avais récupéré des vers de terre mesurant à peine quelques millimètres. Je lançai une bonne dizaine de poignées de terre sablonneuses dans l’eau claire pour que les poissons puissent s’approcher sans crainte.  Avec mon sabre, je perçai la terre à la recherche de ces appâts gluants et tordus.  Je n’avais pas l’intention de prendre plusieurs poissons, seules une ou deux carpes pour une maigre pitance. J’avais au préalable coupé une grosse feuille de taro, derrière laquelle je me cachais. Les carpes étaient très craintives de tout changement dans la nature surtout de ce qui pouvait être de forme humaine.

J’aimais humer cette atmosphère âcre de boue. Les joncs et ma grosse feuille de taro me cachaient des poissons méfiants. Ils cherchaient à voir l’alentour. Ils venaient à même la surface pour mieux repérer tout intrus. Tout à coup, dans un intervalle de temps très court, trois ou quatre fois ma gaule se pencha vers l’eau claire. Une grosse carpe venait de se prendre à mon hameçon. Je pourrais rapporter un beau poisson pour le repas.

Je pouvais déjà rentrer fier de moi, mais je préférai continuer ma pêche pour quelques autres prises, peut-être plus conséquentes.

ANDRE MARTIN