Déc26

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Composition de Michel Chevrier sur l’Océanie

ITINERAIRE

De l’évanescence saharienne à l’ancrage charnel océanien

***

Sahariennes, Océaniennes,

Des images.

***

Prisonnières d’un crâne,

Aux méandres d’une mémoire

Elles dialoguent.

Puis s’apprivoisent.

SAHARA

Présent au vide,

Seulement l’homme.

***

Tu occupes l’exacte totalité,

Par toi le paysage s’anime.

Tu amènes la vie,

Tel un dieu !

Qui ose parler de solitude.

***

La roche à vif ,

Apure l’esprit.

Le minéral n’est pas ton ennemi,

Il t’offre la fusion.

***

Drapé, hiératique,

Tu glisses sur un sol

Qui ne saurait rien te refuser

D’idéal.

***

Tu te fonds

Dans l’évanescence

De la fournaise de midi,

Et crois mener le jeu.

***

Ile de verdure

Perpétuellement guettée

Des sables,

L’oasis.

***

Bruissement d’oiseaux,

Regards brûlants d’adolescentes,

Douceur des palmeraies,

Ton puits t’enracine

Face au désert.

***

Prends garde,

L’évaporation

Sourd des sables.

 

 

 

 

OCEANIE

 

***

Surabondance,

Trop plein de vie,

Tu n’es qu’une vie de plus.

Négligeable au regard.

***

Foisonnant,

Le végétal

T’absorbera.

Sois vigilant.

***

La vie s’accélère,

Se nie,

Se submerge.

***

A peine naît-elle,

La plante,

Qu’elle se voit

Poussée à la mort.

***

Des millions de plantes sœurs

Réclament leur dû.

***

Te vient cette angoisse,

Il te faut conjurer ces forces,

Elles montent du sol.

Le végétal te guette.

***

Tu le peuples de masques, de totems et de tikis,

Pour te concilier l’humus.

***

Crains l’absorption.

Tu n’apportes rien.

***

La vie déjà  pleine,

Déborde et suinte.

Les plantes t’observent,

Prêtes à réoccuper le terrain.

***

On t’accepte,

Connais ta faiblesse,

Eprouve l’humilité

Que tu dois.

***

Tes gestes sont lents,

Le regard se baisse,

La gesticulation,

Serait provocation.

***

Rien ne bouge.

Accélération vitale au-delà du seuil.

Tout est fixé pour l’éternité.

***

La montagne, elle-même

N’ose le mouvement,

Subjuguée qu’elle est

Par la coulée verte.

***

Ne t’y trompe pas,

La végétation ne l’a pas envahie

Elle procède de l’azur

Et  dévale les pentes

Vers la mer.

***

Alors,

T’est donnée

La quiétude.

***.

Tu es là.

***

Les questions se dissolvent.

***

Tu croises

Le regard des hommes

D’ici.

Ils te reconnaissent frères,

D’un froncement de sourcils.

***

L’île,

Prudemment retirée en son récif,

Apprivoise ses eaux,

Elle a oublié

La tempête.

***

La montagne,

Réfugiée au centre,

Hissée vers les dieux,

Fuit l’océan,

Certaine qu’il cherchera toujours

A la reprendre.

***

Coite,

Elle use de sa masse,

Sa ceinture de corail

Lui promet la plénitude.

***

Et te l’accorde.

***

Désormais tu le sais,

Tu participes de ce foisonnement.

Plantes et fleurs.

Sont tes Sœurs !

***

Disparue l’angoisse.