Chanson-Poésie : Anne Marie Jorge Pralong-Valour Déc05

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Chanson-Poésie : Anne Marie Jorge Pralong-Valour

« Chanson de circonstance
Voici une chanson écrite après la relecture longtemps après sa parution du livre de J. Vanmai Chan Dang
Au départ , il s’agissait d’un poème puis à l’aide de Diego Jorquera nous l’avons mis en musique et c’est devenu une chanson. Ma fille Cindy l’a chantée et mise sur CD.

Anne-Marie Pralong-Valour

Chanson-Poésie

CHAN DANG

Ils furent plus de vingt mille à quitter l’Indochine

La misère du Tonkin, la peur du lendemain,

Engagés sous contrat dans de lointaines mines,

Sur l’île d’un Nouveau Monde,

Loin de leurs origines.

 

Ils ne mangeaient pas tous à leur faim tous les jours,

Dans leurs abris d’fortune, ils étaient trop nombreux,

Ils rêvaient d’un ailleurs venant à leur secours,

Pour quitter leurs rizières,

Ils furent tous volontaires.

 

Ils furent plus de vingt mille à quitter l’Indochine,

La misère du Tonkin, la peur du lendemain,

Ils voguèrent enthousiastes vers « l’île de l’espoir »,

Plus de cinq mille nautiques

Dans le grand Pacifique.

 

Instrumental

 

Ils débarquaient souvent, faméliques, amaigris,

D’un voyage très pénible, et en Calédonie

Leur vrai nom incompris devenait matricule

Pour trimer sans manger

De l’aube au crépuscule.

 

Ils furent plus de vingt mille à quitter l’Indochine,

La misère du Tonkin, la peur du lendemain,

Envoyés pour cinq ans dans les mines du Nord,

Chaque jour de labeur

Durait souvent dix heures.

 

Il était imposé cinq hommes pour une femme,

Et non pas respectés les rites du Vietnam,

Et quand régnaient le fouet et les humiliations

Leur corps, leur âme souffraient

La rigueur des colons.

 

Instrumental

 

Ils furent plus de vingt mille à quitter l’Indochine,

La misère du Tonkin, la peur du lendemain,

Bien qu’ils durent affronter les inégalités

Ils ont su conserver

Leur culture, leur fierté.

 

Beaucoup retournèrent, libres, dans leur patrie,

Mais certains s’installèrent en Calédonie,

Maraîchers, restaurateurs ou bien commerçants,

Ils apprirent le français

Et ils eurent des enfants.

 

Ils sont plus de quat’ mille niaoulis à présent

Et grâce à leur travail, leur sérieux, leur talent,

Ils donnent au caillou dont ils sont les enfants,

Le plus beau des visages :

– Celui du partage.

 

A capella

Ils furent plus de vingt mille à quitter l’Indochine

La misère du Tonkin, la peur du lendemain…

(Coda instrumental)


Paroles : Anne-Marie PRALONG Musique : Diego JORQUERA »