Août11

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Lec lec tic présente six artistes japonais de renom

Du 6 au 18 août, la galerie Lec lec tic présente six artistes japonais de renom : Leonard FOUJITA, Atsuko ISHII, Takanobu KOBAYASHI, Yayoi KUSAMA, Kumi SUGAÏ et Imaï TOSHIMITSU. Mis à part le fait d’inclure l’estampe dans leur pratique artistique, ces six artistes ont pour point commun d’avoir quitté leur Japon natal pour s’installer en Occident, à titre provisoire ou définitif.

Description de l’exposition
Les estampes de Toshimitsu Imaï reprennent des motifs de kimonos anciens ; il s’agit de ses célèbres Ka-Cho-Fu-Getsu, littéralement « fleurs-oiseaux-vent-lune », qui trouvent leur origine dans l’usage de pochoirs. La sensibilité qui émane de ces gravures, auxquelles Pierre Restany avait donné le nom d’« Imaïgrammes », est fraîche et frôlante, à fleur de peau, comme une brise d’été… Des images éthérées, délicates… aériennes… tout comme celles de Takanobu Kobayashi et d’Atsuko Ishii qui tous deux présentent, avec douceur, poésie et légèreté, des estampes de petit (voire très petit) format, mettant en scène des objets ou des êtres issus de l’environnement quotidien. Couvert, poisson, nuage, casserole… pour Takanobu ; chien, jeune fille romantique, dent, cerise, banane… pour Atsuko. Les détails, extraits de la réalité, sont isolés sur la feuille. Il n’y a pas de composition dans leurs travaux, pas de perspective, pas de lignes de fuite… Toute pesanteur est suspendue. Dans l’univers onirique des deux artistes, chaque figure flotte sur la surface de représentation, libre de tout contexte narratif. Comme des pièces détachées qui se seraient envolées et auraient oublié de retomber… Un univers intrigant, parfois troublant, voire inquiétant… Kumi Sugaï, lui, renonce à toute évocation, qu’elle soit vernaculaire ou occidentale. Quant au travail de la plasticienne Yayoi Kusama, il est toujours aussi obsessionnel, fondé sur la répétition et la multiplication de son célèbre motif en forme de petit pois dont elle avait eu, enfant, la vision hallucinatoire. Tout comme Yayoi Kusama, dont le centre Georges-Pompidou de Paris a programmé une grande rétrospective en 2011, les sujets récurrents de Léonard Foujita ne sont plus à présenter, chats, jeunes femmes, etc.

Description de la technique
Comme nous l’a parfaitement expliqué M. George Hisao Tsushima au vernissage de l’exposition Ukiyo-e (estampes japonaises) qui a lieu simultanément au musée de Nouvelle-Calédonie : dans le Japon du 18e ou du 19e siècle la réalisation de l’estampe était une œuvre collective qui réunissait 3 personnes, sous la conduite et la responsabilité d’un éditeur :
1- un dessinateur (généralement le seul dont le nom était connu et figurait sur le travail édité),
2- un graveur,
3- un imprimeur.
Ce schéma traditionnel ne sera remis en cause qu’au 20e siècle, la plupart des dessinateurs japonais assumant l’intégralité du processus de fabrication (gravant eux-mêmes leur plaque et l’imprimant sur leur presse). De nos jours la gravure sur pierre (lithographie) et la gravure sur métal (eau-forte, burin) ont remplacé la gravure sur bois (xylographie) du Japon ancien, telle qu’on peut la voir dans l’exposition présentée actuellement au musée territorial, mais le travail est exactement le même.

Contrairement à une croyance encore bien vivace, l’estampe n’est pas la reproduction d’une peinture mais bien une œuvre originale.