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Exercices de l’atelier de formation à l’écriture, à Païta

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Samedi 3 juillet, le matin, l’atmosphère était aux rires et à la convivialité; Cannelle a proposé 2 exercices :

 

1) Les monologues de Titus: le chihuahua Titus Moun est venu avec sa maîtresse, sage et attentif ; d’emblée, il devient le héros et s’exprime dans des textes à la première personne.

Aucune description disponible.

Texte d’André MARTIN

Moun Titus

J’étais un si petit chihuahua d’à peine un mois lorsque ma maîtresse vint me prendre dans ses douces mains. Je savais que c’était elle qui me garderait pour la vie. A peine trois mois de vie et  elle vint me chercher.

Elle cherchait un remplaçant à Gabilou, son chien qu’elle venait de perdre accidentellement, sous ses yeux ; il avait été frappé par une voiture.

Elle a choisi pour moi un nom qui lui rappelait son enfance et ses origines provençales. « Moun Titus »

J’ai le poil long, noir et feu.

Je sais me rendre attachant avec mes yeux doux qui chavirent toutes les copines de Fabienne.

Je suis calme, posé et je ne fais rien qui puisse la rendre fâchée comme tant d’autres canidés. Je suis sociable et je n’aboie pas, sauf s’il faut nous défendre.

Je ne fugue pas, c’est trop difficile. Je préfère le sac douillet qu’elle a aménagé rien que pour moi et ainsi je vais partout, même à l’atelier d’écriture  !

Ma vie est cool et j’adore les câlins (surtout ceux de ma maîtresse).

Texte de Fabienne DESEEZ

Bonjour ma petite maîtresse !

Je n’ai pas deux mois, mais je vois déjà à quel point tu es choquée et perdue. Tu essaies de me sourire, mais ton visage est tellement lourd de tristesse que les expressions ne s’y dessinent plus. Tu me regardes néanmoins. Je tiens dans la paume de ta main. Tu as peur constamment qu’il m’arrive quelque chose. Je suis tellement petit. Et tu t’attendris en me retrouvant dans tes sandales qui sont pour moi, une refuge ouvert à tous les vents. Et tellement confortables… Elles ont surtout ton odeur !

Ne t’inquiète pas ma nouvelle petite maman. Je te promets que je ne grandirai pas beaucoup, mais je serai quand même un peu plus grand. Ainsi, tu auras moins peur de me perdre dans un tiroir. Et tu pourras me prendre dans tes bras comme un nouveau né que tu n’as jamais eu.

Texte de Maryse KIBANGUI

Moi Titus, ce nom impérial donné par ma maîtresse, pourrait faire croire à une certaine arrogance de ma part. Il n’en est rien, d’ailleurs c’est également le nom de sa première peluche. Cette évocation adoucit l’impression de grandeur et de majesté.

Être une peluche, c’est le sentiment que j’ai ressenti, dans sa main, le premier jour de notre rencontre. J’étais si petit ! Trois semaines à peine. Elle m’a longuement observé, détaillé. J’ignorais qu’une tempête s’agitait dans sa tête : le souvenir d’un autre chihuahua.

Gabilou l’avait laissée désemparée, abattue, tant son départ avait été cruel. J’ai su plus tard quand elle me parlait de lui, qu’il était parti sous ses yeux, renversé par une voiture ! J’ai alors compris que je ne devais jamais la quitter, ni m’éloigner en gambadant comme un fou. Je la suis partout même à l’atelier d’écriture. Je dors à ses côtés, je ne refuse jamais ses caresses et ma truffe vient souvent chercher sa main pour en recevoir d’avantage .

Ses amis vantent mon regard, mon regard doux , ma sagesse…. C’est ma façon à moi de lui dire « Merci de m’avoir choisi ».

Texte de Clémence FAURE

Je m’appelle Titus et aujourd’hui, ça y est ! Je suis enfin arrivé, c’est la première fois que je viens au parc pour chiens. Lorsque je regarde les chiens et leurs maîtres, j’ai l’impression qu’ils se ressemblent : les maîtres ressemblent à leurs chiens, c’est bien connu, cependant je ne comprends pas pourquoi les humains me regardent comme ça, me caressent, en disant :

-Qu’il est mignon !

J’ai l’impression d’être le centre du monde. À chaque fois je dois lever la tête pour regarder les hommes, ils sont terriblement grands ! Et quand je les regarde c’est autre chose, j’ai l’impression qu’ils vont s’évanouir sur place. J’aime quand ma maîtresse me prend dans ses bras, en plus j’y gagne en  hauteur. On me décrit comme câlin et calme. Les gens m’adorent…

Aucune description disponible.

2) Les 10 mots de la francophonie sont l’occasion de produire des textes variés et amusants ; l’occasion de se familiariser avec les mots et de se préparer à la dictée de l’après-midi ! Les voici : aile- allure- buller- chambre à air- décoller- éolien- foehn- fragrance- insuffler- vaporeux.

Production d’André MARTIN

La course hippique.

Le bel étalon bai s’avance avec fière allure sur la piste de l’hippodrome. Son jockey le guide vers les starting-blocks. Une chambre à air découpée, protège le flanc fragile de l’animal puissant. C’est l’instant où il bulle dans sa cage, il attend sans penser à rien.

La détonation du départ ordonne à tous les chevaux de partir à toute vitesse. Notre alezan vénérable décolle littéralement de son box exigu. Il a des ailes qui le poussent, comme l’éolienne de la propriété, qui rejette l’eau de l’abreuvoir, débordant lors d’une tempête.

Le jockey lui insuffle le foehn de la course, qui le mène à la victoire par des mots vaporeux, adressés seulement pour un champion.

Il passe la ligne dans une ambiance remplie de cris, de tintamarres et de fragrances qui lui disent: -Tu es vainqueur !

On lui accroche sur le mors de la bride, la cocarde de champion.

Il peut maintenant se calmer et retrouver son maître, qui le contemple comme une œuvre d’art.

Production de Fabienne DESEEZ

Dans ma bulle, portée par des courants éoliens. il m’arrive souvent de penser qu’un jour, je m’en irai, que je quitterai ce beau territoire à tout jamais. Alors, dans ma chambre à air, je cherche des raisons de m’ancrer. Sa fragrance s’invite à mon esprit. Je la reconnais bien. Si rassurante ! C’est celle de mon mécanicien. Rien que son nom m’indique à quel point il est une belle personne. Mais jamais je ne le regarde. Quand je lui parle, je ne pense qu’à ma voiture, à ses ailes qu’il a remises à neuf, tel un magicien. Grâce à lui, je ne démarre plus, je décolle poussée par un fœhn mystérieux.

Si je devais quitter cet archipel magnifique, il me resterait son allure chevaleresque, sa silhouette disparaissant au milieu d’un ciel vaporeux qui m’insuffle le goût son amitié par-delà les nuages.

Production de Maryse KIBANGUI

Je suis Eole, je parcours à vive allure la terre, les océans, les montagnes. A d’autres moments je deviens un souffle très doux comme vaporeux….

Je caresse tendrement les visages, les fleurs transportant leur fragrance à tire-d’aile.

Mais ne vous y trompez pas ! Je peux décoller brutalement et répandre le foenh dans l’esprit des hommes.

J’insuffle alors en eux des idées étranges : pourquoi ne pas créer un parc éolien ?

Parfois des téméraires arrivent à m’enfermer dans une chambre à air ; qu’importe, je parviens à m’évader quand ils se mettent à buller !

Production de Clémence FAURE

Lorsque tu veux buller, tu te fais pousser des ailes et tu décolles dans les airs. Et parfois tu te retrouves face à une éolienne, semblable à un foehn ;  et puis tu t’insuffles  toi-même à l’oreille le bon chemin pour t’évaporer et échapper à cet échec qui te poursuit. Cette fragance d’échec, tu y penseras longtemps par étapes, et elle ne partira que lorsque tu en comprendras la raison et le geste qu’il fallait faire pour l’éviter à tout prix. Puis l’allure et le rythme s’accélèrent et tu te demandes si cette situation n’était pas justement faite pour te décider et te montrer le chemin,  non pas de la vie, mais le chemin de ta vie.