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« Le phare Amédée – Lumière de Paris et de Nouvelle-Calédonie » de Valérie Vattier et Vincent Guigueno

Août 2010
Un phare encré dans la mémoire

Le Musée de l’histoire maritime de Nouvelle-Calédonie et les éditions Point de vues publient « Le phare Amédée – Lumière de Paris et de Nouvelle-Calédonie » de Valérie Vattier et Vincent Guigueno. Un beau livre qui fera toute la lumière sur ce monument emblématique du pays. Phare Ouest…

Cette édition fait suite à l’exposition « Les feux de la mer » en novembre 2007 et à une conférence tenue en avril 2008 par Vincent [email protected] (polytechnicien et ingénieur des Ponts et Chaussées) dans les locaux du Musée maritime dont Valérie Vattier est la directrice. Ayant bénéficié du premier prix des Nickels de l’initiative 2008, ce livre, à la très belle iconographie, est donc la mise à l’encre et en pages de cette somme historique et chronologique, fourmillant de renseignements et d’anecdotes sur ce phare exceptionnel à plus d’un titre. Peu ou pas de livre ont été consacrés à un seul phare, mais concernant le phare Amédée, la masse iconographique et la quantité d’archives maritimes (à Vincennes) étaient telles qu’il semblait indispensable d’en faire un ouvrage. Les échanges entre les deux auteurs se sont fait à distance de même que la conception, la construction et l’installation du phare s’étaient déroulées à cheval entre deux mondes. Le livre est conçu comme un voyage en bateau pour le lecteur qui irait le visiter, saurait tout sur lui en sept chapitres avant de reprendre le chemin du retour vers Nouméa.

Légendes et vérités
D’emblée, l’ouvrage tord le cou à quelques légendes tenaces et fausses. Non, ce phare, soi-disant trop beau pour ce coin perdu du Pacifique, n’était pas destiné à Fort-de-France (Martinique), mais bien à Port de France (ancien nom de Nouméa). Non, ce n’est pas une construction Eiffel car Gustave préférait les structures aérées (comme sa tour) à celles qui sont habillées comme Amédée. Ce prénom-phare vient d’un mot en langage « améré » pour désigner l’îlot du même nom, voulant dire courant ou tourbillon et ce n’est qu’une reprise de prononciation qui l’a fait évoluer en Amède, puis Amédée comme le Saint patron chevalier du Moyen-âge. Il est vrai que de sa genèse dans un contexte colonial, de la prise de décision quant à son emplacement (passe de Boulari ou passe de Dumbéa ?), de sa conception par l’ingénieur-architecte Léonce Reynaud à sa construction en Métropole par François Rigolet, de son exposition pendant deux ans à son démontage puis son transport et son remontage sur l’îlot Amédée, son épopée tient de l’aventure pouvant en faire fantasmer plus d’un. Richement illustré par des cartes marines, des plans, des dessins, des photographies faisant des allers-retours dans le temps et des documents d’époque, l’ouvrage vous fera découvrir, entre autres, son frère/phare jumeau détruit pendant la seconde guerre mondiale, le journal de Stanislas Bertin, ingénieur bucolique remontant le gigantesque meccano, les optiques révolutionnaires dues à Fresnel ainsi qu’une foule d’annales, de commentaires et de chroniques. Du haut de ses quarante-cinq mètres, cent quarant-cinq années d’histoire vous contemplent depuis son allumage le 26 décembre 1865. Il est certain qu’après lecture, vous le verrez sous un autre angle, votre affection pour lui en sera renforcée et son signal régulier la nuit vous apparaîtra comme un clin d’œil personnel. En attendant, jetez l’ancre sur ce magnifique livre qui fleure bon celle de l’imprimerie et qui est une nouvelle balise pour la mémoire calédonienne.

Rolross