Jean-Marie Creugnet, lauréat du Prix Arembo 2015 Mar09

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Jean-Marie Creugnet, lauréat du Prix Arembo 2015

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Discours d’accueil de Claudine Jacques

Mesdames, Messieurs, Chers amis,
C’est avec un immense plaisir que je vous accueille aujourd’hui pour la remise du prix littéraire «Arembo 2015».

Ce prix comble un manque, celui d’honorer les grands écrivains de ce pays.

Le Prix Arembo est décerné par un jury d’éditeurs et d’écrivains, Ecrire en Océanie, que je représente ici.
Les éditions Humanis de Luc Deborde,
Les éditions Noir au Blanc de Hellène Cabassy

Ecrire en Océanie est une association destinée à promouvoir l’écrit.
Cette association a été créée pour aider de nouveaux écrivains à être édités une première fois.
Des noms importants ont jailli.
Sont présentes ce soir Frédérique Viole, Evelyne André-Guidici.
De belles œuvres compteront dans le panorama de la littérature calédonienne.

Je compte dans cette salle de merveilleux amis, Frédéric Ohlen, Firmin Mussard qui participent à l’aventure d’Ecrire en Océanie, qui lisent, relisent, réfléchissent, commentent, analysent, passent du temps à s’émerveiller comme moi, des textes que nous recevons lors des concours lancés chaque année avec la médiathèque Nord, et l’ABPN.
J’en profite pour saluer avec tendresse une absente, Nicole Perrier, en France pour raisons de santé, directrice de la collection Poésie.
Je remercie également tous ceux qu’Ecrire en Océanie sollicite au fil du temps, et qui répondent toujours par l’affirmative. En particulier Nicole Isch qui revient de Martinique. Rien ne pourrait être pérenne sans leur aide.

Les Éditions Humanis sont heureuses de s’associer à Écrire en Océanie et aux éditions Noir au Blanc pour célébrer l’écrivain auquel ce prix rend hommage.
Avec sa diffusion en numérique sur l’ensemble de la planète, et la vente de ses livres-papier sur la plateforme Amazon, Humanis brise les frontières et permet aux textes calédoniens de franchir les océans. Rendre un texte immortel en le publiant, c’est bien. Le rendre immortel et accessible partout, c’est encore mieux.
Tous comme ses confrères, Humanis tente d’encourager l’émergence de nouveaux talents, mais nous tenons également à rééditer, à chaque fois que la chose est utile, des textes épuisés en librairie. Rendre hommage à un auteur incontournable, pour mieux motiver les nouveaux, nous semble plein de bon sens, et c’est ce que nous nous réjouissons de faire ce soir.

Les éditions Noir au blanc, ont, sous l‘égide d’Helene Cabassy créé une collection Voix d’Océanie qui regroupe déjà bon nombre d’écrivains de Nouvelle Calédonie. Loin de vous géographiquement, nous dit-elle ce soir, je suis proche cependant par la littérature calédonienne. Elle est omniprésente dans mon univers, par le travail que j’effectue en éditant les auteurs du pays ainsi que par ma participation aux collections d’Ecrire en Océanie.
Ayant vécu de longues années sur le Caillou, j’ai fait un double constat. Une évidence tout d’abord : la présence ici d’écrivains de haut vol, dont les écrits méritent d’être connus au-delà du lagon – ce qui est la raison d’être de la collection Voix d’Océanie mais aussi l’existence de témoignages de grande valeur, tant historiques que sociologiques.
Le récipiendaire de ce prix Arembo en est l’exemple.
Mon rôle en métropole est de servir, en totale synergie avec les acteurs de la vie littéraire calédonienne, de passerelle pour faire connaître ces talents haut et loin.

Deux libraires sont présents ce soir. S’ils veulent bien me rejoindre. Car c’est avec beaucoup de plaisir et d’amitié que nous allons leur décerner Le prix du meilleur libraire.

Sous vos applaudissements j’appelle Barbara Cheron et Dominique Buzance et pour leur rendre hommage Amélance Darbois et Firmin Mussard.

Lecture : Un libraire, mais à tout prendre, qu’est–ce ?

Un virtuose du rangement, un serial trieur, un arrangeur de piles qui en connaît un rayon, voire plusieurs.

Un type à la page qui ne tire jamais la couverture à lui.
Un du signe du verso et réglo sur la note.
Un drogué qui deale des lignes
Un papivore exténué à force de déchiffrer des lettres.
Un équilibriste des comptes à désespérer un banquier suisse
Un Prévert inventif des inventaires
Un esclave de la commande à qui l’on devrait élever une statue.
Une oreille discrète pour qui commande à voix basse 50 nuances de grey.
Un prêteur sur pages qui ne connaît pas l’usure… du temps.
Un rêveur qui attend que chaque client lui raconte sa vie à la manière d’une quatrième de couverture.

Bref, un ami qui fait toujours bonne impression.
Un libraire, c’est un ami qui met un cœur sur l’i du verbe lire.

Le prix littéraire Arembo 2015 sera décerné juste avant le dessert.
Je vous souhaite un bon appétit.

Discours AREMBO 2015

CJ : Mesdames, Messieurs, Chers amis,
LD : Ayons ce rêve de donner à notre littérature ses lettres de noblesse.
Il est temps d’accorder le Prix Arembo 2015

( roulement de tambour)

CJ : Louis Aragon disait : La littérature est une affaire sérieuse pour un pays, elle est au bout du compte, son visage. ».

LD : C’est pourquoi nous allons décerner ce soir le prix Arembo 2015 à un écrivain résidant en Océanie, écrivant en français, notamment pour sa contribution au développement culturel de son pays ainsi que pour sa capacité à livrer un témoignage sur son époque.

CJ : L’homme est discret et pourtant il écrit chaque nuit une épopée, celle de sa famille devenue celle de notre pays par le miracle de l’histoire et de la fiction. Savait-il au début de l’expérience, notre pionnier du roman historique qu’il aurait à son actif en 2015, 16 volumes d’une saga précise et documentée. Et que, faux dilettante, il enrichirait son œuvre de 8 autres livres sous un nom d’emprunt « so british », pour nous raconter à chaque fois l’histoire d’un personnage issu de notre mémoire commune.

Pour honotrer l’un des écrivains les plus remarquables de notre Pays,

Tous : Nous appelons : Jean-Marie Creugnet

LD : Dans une interview accordée à Endemix il y a quelque temps, notre lauréat se définissait (je cite) comme « un bon gars qui écrit des petites histoires ».
Libre à chacun d’en penser ce qu’il veut, mais des « petites histoires » il en a écrit tant et tant que son œuvre globale est désormais considérable.
Une œuvre admirablement documentée et qui faire revivre les personnages de notre Histoire (avec un grand H).
Il est peu probable que quelqu’un dans cette salle soit le descendant direct de Vercingétorix que nous considérons pourtant comme l’un de nos ancêtres… après avoir lu Jean-Marie Creugnet, vous aurez le sentiment de connaître Ataï comme un ami proche avec ses travers et ses qualités, sa tendresse et sa violence et vous ne douterez plus qu’il fait – lui aussi – partie de nos ancêtres, au même titre que toutes les grandes figures de l’Histoire métropolitaine.
À sa façon d’écrivain, Jean-Marie, participe à la construction de l’identité calédonienne dont nous avons tant besoin. Et s’il le fait naturellement en se penchant sur l’histoire de sa famille, il a la noblesse et le recul nécessaires pour étendre son tableau à l’ensemble des communautés qui composent notre beau Pays. Voilà qui force l’admiration. Voilà – entre autres choses – ce qui méritait une distinction à mes yeux.
Avec son agréable modestie, Jean-Marie se définit volontiers comme un pillard qui (je cite) « ne fais que répéter ce que d’autres ont dit avant lui. » Aussi, quand on lui demande s’il accepterait qu’on lui empreinte un thème ou une histoire complète pour se les réapproprier, il répond immédiatement « Mais bien sûr, Allez-y ».
Que tous les écrivains en herbe qui sont dans cette salle entendent le message : « Allez-y ! » Laissez-vous inspirer : notre lauréat n’est pas dangereux pour la santé, (pensée !) et il se consomme sans modération.

Lecture par Firmin Mussard
de Si si si–til 8 de Jean-Marie Creugnet
paru dans « Et toujours sourire » AENC 2013

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