Compte-rendu sur la causerie autour de La Sève bleue, de Nicole CHARDON-ISCH Par Sarah HOSPICE-LAZZARI Juil24

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Compte-rendu sur la causerie autour de La Sève bleue, de Nicole CHARDON-ISCH Par Sarah HOSPICE-LAZZARI

Compte-rendu sur la causerie autour de La Sève bleue, de Nicole CHARDON-ISCH
Par Sarah HOSPICE-LAZZARI
C’est dans une ambiance très chaleureuse que Nicole CHARDON-ISCH présente sa dernière parution : La Sève bleue, mercredi 19 juillet 17 à Calédolivres. Son amie Véronique ARMAND-DEVAMBEZ qui l’interviewe revient sur son autobiographie : on apprend ainsi qu’elle écrit depuis très longtemps mais n’a été publiée que deux fois en Martinique, son pays d’origine et cinq fois en NC. L’écriture est un exutoire, une nécessité. Elle dira « La Nouvelle Calédonie m’inspire, c’est une terre nourricière ».
Son goût pour l’écriture et sa volonté d’entraîner dans son sillage chacun de ses lecteurs sont omniprésents. C’est son vécu, son histoire, sa sensibilité qui portent cette passion. Différentes thématiques apparaissent à travers ses nouvelles comme l’abandon des enfants, l’addiction, la résilience pour ne citer que celles-ci.
Pour Véronique, ce nouvel ouvrage est plus sombre que le précédent. La nouvelle qui compte trois histoires à tiroirs a beaucoup plu à l’assemblée, composée d’écrivains et de lecteurs..
Des extraits de trois nouvelles sont lus par les membres de l’assemblée. Des témoignages de lecteurs sont partagés mais aussi des informations relatives à la plante endémique qui sécrète la sève bleue. C’est ainsi rythmée que se déroulera cette présentation extrêmement dynamique, participative, interactive de l’ouvrage durant plus d’une heure.
Les questions fusent, des interventions diverses permettent d’orienter le débat vers les centres d’intérêt de l’auteure : la botanique est l’occasion pour Bernard SUPRIN de parler du Pycnandra acuminata qui absorbe le nickel ; l’étude de la littérature calédonienne par Nicole donne l’opportunité à Véronique MOLLOT, la DAAC, précurseur en la matière, d’en montrer l’intérêt pour nos élèves ; un entomologiste féru de latin a relevé les nombreux clins d’œil classiques faits par l’auteure dans son recueil de nouvelles.
D’emblée, le talent de l’auteure est mis en avant et le souhait d’aller plus loin pour ses lecteurs se fait entendre : à quand le roman ? Pourquoi des nouvelles ?
Elle répond que « le temps de l’écriture (longue, bien sûr) n’est pas encore venu ». Fascinée par les squats à son arrivée, il y a une dizaine d’années, dans sa nouvelle, La Sève bleue, elle crée tout naturellement le personnage de Justine qui pour être heureuse doit nécessairement se trouver confrontée à des méchants. Dès lors, « une fois que Justine a été adoptée, il n’y a plus pour moi d’intérêt d’aller plus loin, la nouvelle trouve une fin heureuse et cohérente ». Nicole ISCH enchaîne sur ses sources d’inspiration en expliquant pourquoi et comment elle écrit : l’amour de la complétude lui fait privilégier la forme courte, la nouvelle.
Elle fait part de sa passion pour les plantes qui influence ses écrits ; de même « le genre de la nouvelle fantastique permet de sublimer le réel car le contact permanent avec la nature c’est un équilibre subtil entre réception et transformation, par le pouvoir de l’imagination», Elle dit son goût des sonorités qui l’interpellent et qui lui permettent, par exemple, de donner le nom d’un magnifique petit village du sud de la France exposant des orchidées – une de ses passions- à un de ses personnages, Bouc Bel Air. L’auteure précise aussi qu’il s’agit de nouvelles insérées l’une dans l’autre, d’ailleurs, plusieurs lectures sont possibles de La Sève bleue : allégorie de la lutte contre l’addiction, menace de disparition d’espèces végétales, folie des hommes…
Elle livre à son auditoire captivé les secrets de son inspiration : aller au restaurant avec un petit carnet, observer, noter et mélanger le tout. « Écriture à tout moment, les choses s’agencent… : j’ai toujours des idées et produire une écriture de qualité c’est jouissif. »
A la question « rencontrez-vous toujours vos héros ? » l’auteure Nicole ISCH répond qu’elle a souhaité faire un clin d’œil à l’atelier d’écriture qu’elle anime et aux scripteurs, ou encore contrer l’angoisse de la page blanche (ce qui nous vaudra un très beau témoignage de Jean VAMAI) qui dira « Se voir dans le livre c’est impressionnant et appréciable »). Elle raconte qu’elle s’invite dans la vie du héros comme au début de l’histoire « Porc au sucre et compagnie » dans lequel l’écrivain rencontre son personnage de manière inattendue.
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Pour renseigner ses lecteurs sur « comment écrire quand on n’a pas d’imagination ? » elle propose sa technique : observation et notes, « c’est la technique d’écriture du va et vient ». Elle insiste sur la nécessité de donner l’apparence de la vraisemblance dans le récit de science-fiction. Elle calédonise son vécu, « capte les choses » et les transcrit, par bribes manuelles puis élaborées à l’ordinateur.
Enfin, Nicole ISCH dévoile ses projets : deux contes en chantier à illustrer, des nouvelles et un projet de supports pédagogiques visant à favoriser une lecture plus proche des élèves et de leur vécu, dans le droit fil du projet de l’Ecole Calédonienne. Elle est lue dans les classes comme en témoignent Annick son amie documentaliste, et Florence, une enseignante qui fait travailler ses élèves à partir des écrits de l’auteure. Ces derniers adhèrent totalement aux histoires. La reconnaissance par les élèves est une grande fierté pour Nicole ISCH : le lien et la confiance sont ainsi établis.
La séance se termine à 19h11 par des applaudissements nourris et une seconde séance de dédicaces peut commencer.
Sarah HOSPICE-LAZZARI, Nouméa, juillet 2017